Mon voyage a débuté depuis presque un mois maintenant. La sensation de “vacances” ne s’est pas encore totalement estompée, mais l’arrivée en Suède et le travail à la ferme commencent à avoir raison d’elle. L’Ecosse était une étape un peu particulière de mon voyage, puisqu’il s’agissait de faire un saut en terrain connu. Retrouver la terre qui me fait vibrer, les personnes que j’y aime, et lui dire au revoir. Si le départ de France était sans aucun doute teinté de nostalgie, car je laissais derrière moi famille et amis, c’est en quittant l’Ecosse que j’ai véritablement eu le sentiment de partir de chez-moi. De commencer mon voyage. Dans mon coeur, je garde l’Ecosse comme point de retour.

La Suède en revanche m’était totalement inconnue. Elle ne m’est toujours pas familière, mais je commence à y prendre mes marques. Je commence à me glisser dans ma peau de vagabonde, à apprendre à faire de chaque endroit, aussi étranger soit-il, un chez-moi temporaire. Je ne veux pas être une visiteuse pressée des pays que j’arpente, je veux en faire parti. La Suède est un pays sublime, aux grands espaces, à la nature grandiose. La ferme dans laquelle je travaille est située en bordure du lac Malaren et offre un cadre idyllique pour ma première expérience de Woofing.

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Le travail est physiquement difficile pour une citadine comme moi, mais il y a un plaisir certain à travailler en pleine nature, et à finir une journée épuisante confrontée aux résultats de son dur labeur. Je loge dans une petite cabane a côté du lac et d’une certaine facon, commencer mon voyage dans cette retraite solitaire a du bon. Pendant mes temps libres, je marche, j’écris, je réfléchis. Les mois qui ont précédé mon départ ne m’ont pas laissé le temps de me poser : démarches administratives, préparations diverses…j’ai laissé le courant m’entraîner sans trop y penser. Maintenant je suis en pleine mer, et si elle peut parfois être très agitée, elle me laisse tout de même de longues journées de répit.

Je commence à entrevoir la véritable direction que je veux donner à mon voyage. Le moi d’avant le grand saut demandait un ballon lâché dans les airs, et qui n’aurait de cesse d’errer jusqu’à l’explosion.  Je ne vois plus autant une existence nomade qu’une expérience nomade. Je pense que je suis à la recherche de quelque chose, peut-être de plusieurs choses. Je cherche aussi tout simplement à grandir. Mais je veux revenir grandie. La notion de retour s’est imposée assez rapidement, alors que j’étais en Ecosse. Revenir où ? La personne que je suis a une idée assez claire de la réponse à cette question. Mais la personne que je suis est en transformation permanente.

Il m’est encore difficile de m’adapter en Suède. Je n’y suis que depuis quelques jours ! Je découvre avec étonnement que les codes qui nous rapprochent des autres ne sont pas du tout les mêmes d’un pays à un autre. Au jovial bon enfant des écossais se confronte la distance polie des suédois, que j’ai d’abord pris pour de la froideur. Il s’avère qu’en vérité la carapace est seulement un peu plus dure à percer. Je vois déjà chez mes hôtes une grande bonté et un souci sincère de faire en sorte que je me sente bien chez-eux. Pas de doutes que les semaines à venir nous permettront de nous rapprocher.

Un premier article plus élucubratoire que véritablement matière à un blog sur le voyage, mais disons que pour l’instant j’essaye encore de faire mes nouvelles chaussures. Tout est nouveau, rien n’est figé.

Et après des années de routine, la diversité des jours est déstabilisante.

Et bienvenue.

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« We all live in the gutter, but some of us are looking at the stars »

– Oscar Wilde 

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