La date du départ approche. De l’anxiété. Beaucoup d’anxiété. Mais aussi énormément d’excitation et d’impatience. Je suis partagée entre ces deux émotions, et tenaillée de milliers de questions. Ai-je assez d’argent ? Vais-je réussir à trouver des petits boulots sur la route? Est-ce que ce sera une inimaginable galère d’obtenir mon ticket pour le Transsibérien à Moscou ? Vais-je trouver en Ecosse cette dernière once de force dont j’ai besoin pour affronter l’inconnu, le danger, les moments d’incertitude, de tristesse, les galères, tous ces petits désagréments qui jalonnent la route du voyage ?

Je suis terrifiée ! Je pensais bêtement que je ne le serais pas. J’étais tellement sereine jusqu’à maintenant, je criais haut et fort que je n’avais aucune peur, que j’étais très calme, que j’avais suffisamment confiance en moi pour ne pas paniquer. Mais le départ est dans deux mois ! Tant de choses à faire, tant de choses auxquelles renoncer. Dans deux mois je serai sans emploi, sans domicile, et je n’aurai comme possessions matérielles que ce qui voudra bien tenir dans mon sac à dos. Perspective aussi terrifiante que libératrice. Pour l’instant je me ronge les ongles comme une gosse. C’est un peu difficile à admettre auprès de mon entourage, encore plus à m’admettre à moi-même. Tous me voient m’embarquer pour une grande aventure, certains seraient presque jaloux, quelques-uns me disent que « j’ai de la chance ». Non, je n’ai pas de la chance ! Je me donne les moyens de poursuivre mes rêves, nuance. Je renonce à tout ce que je possède et je saute de l’avion sans parachute. Je plonge vers un sol inconnu. Je ne suis pas chanceuse. Je suis courageuse, autant que je parvienne à l’être. Et sans doute un peu imprudente. Très, à vrai dire.

Papillons versus Araignées dans ma poitrine. Au final, les deux devront apprendre à œuvrer ensemble pour que je puisse avoir l’état d’esprit adéquat au voyage pour lequel je me prépare. Juste assez de peur pour agir avec précaution et ne pas foncer tête baissée, et assez de curiosité et d’enthousiasme pour me permettre de marcher avec confiance aux côtés de ma peur. Avec le temps et l’expérience, cette peur deviendra une simple sonnette d’alarme destinée à me garder hors des eaux troubles.

 

This one was actually translated in french from english. I ought to choose between the two languages someday…maybe ! :

The date of my departure is nearing. Anxiety. So much of it. But also so much excitement. I’m torn between these two emotions at the moment. Do I have enough money? Will I manage to get jobs on the road? Will it be a hassle to get my Trans-Siberian tickets in Moscow? Will I find in Scotland that last bit of strength I need to manage in unknown places, to survive in dangerous times, to make do with hassles, despair, the fear of the unknown, and all these unavoidable sides of travelling alone?

God I am scared! I thought I wouldn’t be. I was so chilled until now, I would tell everybody that I had no fears, and that I was very calm, that I trusted myself enough to not panic. But the departure is in two months now! So many things to do, so many things to let go of. In two months I’ll be jobless, homeless and I’ll have for material possessions only what I can fit in my backpack. Such a scary perspective! A liberating perspective also. But hell am I scared shitless. It’s hard a thing to admit to my family and friends, and mostly to myself. They see me embarking on an adventure, some of them are somehow jealous of me, some even say “You are lucky”. Well I am not! I’m giving myself the means to follow my dreams. I’m giving up everything and jumping out of the plane with no parachute. Freefalling, about to hit a ground I know nothing about. I’m not lucky. I am being as courageous as I can. And maybe a bit reckless. A lot actually.

It’s a battle in my chest between butterflies and spiders. Eventually both will have to work together to bring me in the right state of mind for all that’s to come. Just enough fear so I act with caution and don’t mess up, and enough excitement and curiosity that I manage to walk confidently alongside with fear. And eventually change this fear in a mere warning bell meant to keep me out of dark waters.

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